Springhill farm, petit tour du propriétaire en images.
Saurez-vous trouver l'animal qui se cache dans cette image. L'endroit s'appelle the Beaver pond si ça peut vous aider. Ils tapaient l'eau avec leurs queues pour prévenir leurs potes de mon intrusion.
La vraie cabane au fond des bois pour faire le sirop d'érable.
Un mois de mai au Canada...
En allant chercher du bois.
Oui, on a porté tout ça. Et encore il n'y a pas les plus gros tronçons.
Pizza avec les têtes de violon du jardin. Yumi.
Having a great time weeding, planting, digging, chopping wood, fencing, baking and learning the farm vocabulary. See you soon folks.
C'est comme si mon voyage aboutissait là. Comme si c'est ça que j'avais cherché depuis le début et qu'enfin j'y étais. Je suis là pour mes dernières semaines de ce côté du pays et c'est bien ainsi. Tout est en place, comme ça doit être. Ici à faire ça avec ces gens-là.
Quand j'ai suis descendue du bus local pour en prendre un autre à la gare de Kingston avec mon sac à dos et mon panini Tim Hortons tomate bacon, j'étais bien et j'ai pensé que c'est ça que je voulais. Que j'avais fait tout ce chemin pour ça finalement. Juste être là dans une petite ville dans un terminal de bus avec ce qui faut d'habits pour dix jours, légère. J'ai pris une photo pour immortaliser ce moment de satisfaction et de non-questionnement. Oui c'est rare, ça valait une photo.
Oui, je suis en Ontario, alors je mets des titres en anglais si je veux !
Dans l'ordre Toronto, l'île qui lui fait face, Kingston et l'île de Wolfe. Je n'ai pas vraiment apprécié Toronto, à la fois parce que c'est à mon avis plus une ville à vivre qu'à visiter, et surtout parce qu'avec la chaleur je n'avais pas envie de cette ambiance de grande ville. C'est pourquoi le dernier jour (grâce à Camille qui est toujours aussi têtue, si on m'avait écouté on n'y aurait pas été) on passé la journée à faire du vélo sur l'île centrale (elle n'a pas vraiment d'autre nom il me semble). Kingston c'était plus relax, petite ville mignonne dont je n'ai quasiment pas pris de photos. On était en couchsurfing chez la charmante Jessica. Elle nous a même donné un cours de yoga, chose que je peux donc cocher dans la liste des choses à essayer avant de rentrer. Puis une journée sur l'île de Wolfe à faire du vélo again.
Je suis bien arrivée dans ma ferme. Contente de voir l'Ontario côté campagne. Pour l'instant j'ai ramassé des bûches dans le bois, enlevé les mauvaises herbes en portant la combinaison contre les mouches noires et fait un crumble de rhubarbe sans gluten. J'aime bien l'idée d'aller chercher dans le jardin ce que tu manges au souper. Hier on a eu des asperges et des têtes de violon. Ah et j'ai vu un red-tailed hawk (faucon à la queue rouge littéralement). "What a bird" a dit Steve. Je vous en raconte plus quand il arrêtera de pleuvoir et que j'aurais pris quelques photos.
Triste de quitter Montréal et ma coloc de sauvages (rebaptisés eux-même ainsi quand ils ont découvert que le Mont Garnier portait en fait le nom d'un missionnaire...)
Je pense à Anto quand je me demande comment s'appelle cet oiseau noir avec des tâches rouges. Ou des dinosaures. Parfaitement à Niagara Falls, on voit aussi des dinosaures, entre King Kong, le Joker et Frankenstein. C'est Vegas en miniature. Je pense à Vic qui dit "ah non mais quand on m'emmerde je peux être une vraie connasse, LA connasse". Je pense à Laure-Elise qui est partie à l'aventure de son côté, avec sa petite voiture. Je pense à Ewok quand je vois de beaux arbres qu'il serait probablement tenté d'escalader ou quand je chante "on était dans le bois, on a vu une belle cabane avec de la fumée qui sortait de par la cheminée". A Josée qui est partie de l'autre côté du pays travailler comme cuistot avec ce qui grandit en elle. A Magwa aussi qui m'a réconcilié avec la gente canine. Je pense à Max qui dit "manque plus qu'une carcasse de voiture dans la cour pour parfaire l'ambiance camp de manouche". J'entends Anto qui dit "ça va Chloé ça va ?" et qui monte une tente pour que Vic puisse dormir là. Je pense au panier de capsules de bière qui va continuer à se remplir sans moi. Je pense au week-end dernier quand ils faisaient des plans de vie en communauté pour plus tard en plus grand. Quand ils m'ont dit "Bah pourquoi tu reviendrais pas après Vancouver ?" Et que j'étais tentée de dire "Oh ouais d'accord".
Ma vie s'organise entre le job et la coloc. Un petit rythme qui me va bien. Il me reste une semaine
de boulot et une dizaine de jours au Mont Garnier. J'ai à la fois hâte
d'aller voir comment c'est ailleurs et un pincement au cœur de les
quitter au moment où les beaux jours arrivent et où j'entrevois
comme ça aurait pu être l'été avec eux, à faire des barbeuks dans la
cour, à traîner, à jouer au ballon, à écouter de la musique, à boire des
bières, à cuisiner des bons plats, à niaiser, à discuter toujours.
J'aime Montréal. C'est une ville brute. Je la trouve belle. Ses maisons en brique qui dépassent rarement deux étages. Ses escaliers extérieurs, qui frôlent l'absurdité en hiver mais qui lui confèrent tellement de charme. La façon dont les habitants s'approprient le trottoir devant chez eux. Ses rues toutes droites et perpendiculaires. Une autre façon de concevoir et de vivre l'espace. J'aime marcher dans ses rues et dans ses contre-allées. Je me suis habituée à ses rues si larges, toujours bordées d'arbres. Je la compare à ma ville que je vais, je le sais d'avance, trouver étriquée, tassée, étouffante. Ici à Montréal, tout le monde a un extérieur, au moins un balcon ou un pas de porte. Il y a des escaliers en avant et en arrière, toujours. Toutes les maisons ont la même orientation est-ouest. La nôtre a du soleil dans la cour jusqu'en début d'après-midi, ensuite il faut passer à l'avant. Mais la rue me paraît si calme que je m'asseois volontiers sur le perron. Je découvre le monde des ruelles décrit par Michel Tremblay, quand les voisins sortent sur leurs balcons ou dans leurs cours et qu'on ne peut faire autrement que de s'observer.